L'Ehōmaki, le makizushi porte bonheur

Le 19/06/2015 à 12h00 - Traditions japonaises

Ehōmaki signifie littéralement le « rouleau des points cardinaux propices à la chance ». Ce long maki de riz, particulièrement épais, est garni généreusement de 7 ingrédients, pas plus, pas moins. Le chiffre 7 est en effet un porte-bonheur dans la coutume japonaise. Parmi ces garnitures, figurent obligatoirement Kanpyō (lanières séchées de calebasse et qui constituent une garniture culte du futomaki), des œufs au dashi, des morceaux d’anguille d’eau douce, et des champignons shiitake.
Un maki lié à une fête ancestrale
Ehōmaki est préparé et dégusté durant Setsubun. Ce jour unique marque le passage de l’hiver au printemps. Setsubun est célébré dans tout le japon pour accueillir le printemps, et principalement le 1er jour du printemps appelé Risshun. Les festivités se déroulent le 3 février tous les ans. Petite précision toutefois au sujet de cette date : ce n’est pas que le printemps arrive plus tôt au Japon qu’en Europe, mais cette date est fixée d’après l’ancien calendrier lunaire. Cette coutume n’a pas toujours été respectée au Japon. Elle fut instaurée durant l'ère Heian (794-1185) et fut célébrée jusqu’à la fin de l’ère Edo en 1868. Durant toute cette période, c’est la région du Kansai qui accorde le plus d’importance au Setsubun. D’ailleurs, selon la légende, ce serait des dockers d’Osaka (une des préfectures du Kansai) qui auraient lancé cette tradition. En 1873, en pleine ère Meiji, l’empire abandonne le calendrier lunaire et adopte le calendrier grégorien (calendrier solaire). C’est depuis cette année que l’État ne reconnait plus Setsubuncomme une fête à célébrer. Du coup, bien que ce soit jour de fête, le 3 février est une journée non chômée. À partir de 1970, la coopérative de Nori d’Osaka fait redécouvrir aux Japonais cette coutume. À l’heure actuelle, la moitié des Japonais, en particulière les habitant de l’ouest de l’archipel, célèbrent Setsubun.
Le bonheur est dans le maki
À Setsubun, les Japonais lancent des haricots grillés depuis leur fenêtre pour chasser les mauvais esprits de la maison. Tout en jetant les haricots, les habitants crient « Oni wa soto ! Fuku wa uchi ! », une exclamation qui signifie littéralement « Que les démons sortent ! Que le bonheur entre ! » Par ailleurs, la coutume veut que lorsqu’on déguste le Ehōmak, on se met face au point cardinal annoncé comme porteur de chance et qui apportera le bonheur pour l’année. On parle de la direction ehō (d’où le nom du maki). Le maki doit être mangé d’un trait, les yeux fermés tout en formulant un vœu en tête. Il ne faut surtout pas le découper, car sinon on met fin aux relations intimes et personnelles que l’on entretient avec les dieux. Pour être exact, le vrai nom de ce maki est marukaburizushi (rouleau de sushi à déguster dans toute la longueur). En 1998, la chaîne de commerce de proximité 7-Eleven (les supérettes sont désignées par l’expression konbini au Japon) lance sur le marché, le jour de Setsubun, un marukaburizushi qu’il baptise ehōmaki. Le succès de la recette dans tout le Japon est tel que petit à petit les Japonais finissent par substituer ehōmaki au nom traditionnel.

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